Après 3 ans de travail, Patricia Rioux a publié Papa-jo et le voleur aux petits pas en 2016. Elle nous parle de son processus d’autoédition.

Quand et comment as-tu décidé de t’autoéditer ?

Pour répondre franchement à cette question, je dirais que je n’ai pas choisi l’autoédition en pleine connaissance de cause. Au départ, j’avais envie de mettre sur papier cette histoire que j’avais inventée un soir pour ma fille Zoé. C’est une petite aventure qui se passe dans notre famille, dans notre maison. Pour moi, ça n’allait pas plus loin.

Au cours du processus d’écriture, quelques amies proches m’ont encouragée à le créer pour pouvoir amuser d’autres familles. Au début, j’ai rejeté l’idée en bloc ! Je ne me voyais pas du tout faire ça… Moi ? Est-ce que je pouvais être une auteure ?

Finalement, après avoir écrit le texte et l’avoir illustré, je me suis dit : pourquoi pas ! À ce moment, je travaillais depuis deux ans sur le livre et j’étais devenue pressée ! Je ne voulais pas attendre le « ok » d’un éditeur !

C’est avec enthousiasme que j’ai entrepris les démarches pour pouvoir publier moi-même (comme une grande), ce qui allait devenir mon premier album illustré pour enfants !

As-tu eu des doutes en cours de projet ?

J’ai effectivement eu plusieurs doutes en cours de projet. Le premier étant le fameux syndrome de l’imposteur. Je me demandais si j’avais le droit de m’autoproclamer auteure ET illustratrice. Deux métiers complexes qui ne sont pas ce dans quoi j’ai étudié. (J’ai fait de brèves études en cinéma et je travaille dans ce domaine depuis le jeune âge de 17 ans).

Autre doute : serai-je la seule à aimer cette histoire ? Est-ce que mon style  »simpliste », bien que voulu et travaillé, plaira aux autres ? Tant de questions qu’au fond tous les artistes doivent se poser.

Sans éditeur pour me guider, j’y suis allée selon mes goûts personnels. Mon idée avait germé dans ma tête et j’étais décidée à partager ce conte avec les touts petits. J’ai donc fait taire toutes ces petites voix et j’ai foncé !

As-tu eu du soutien, de l’aide pour t’y retrouver ?

J’ai eu la chance d’être guidée par deux amies qui étaient passées par là : Lianne Simard et Julie Beauregard-Mayer. Elles m’ont parlé du processus global et ont répondu à toutes mes questions. Souvent, je faisais mes recherches et je revenais vers elles avec des millions de questions ! Elles ont su me répondre et elles m’ont encouragé à aller jusqu’au bout de mon idée.

Julie m’avait entre autres spécifié que pour elle, le plus difficile avait été la vente. Je dois avouer que son commentaire m’était passé par une oreille et ressorti aussitôt par l’autre. On ne peut pas comprendre tant qu’on n’est pas rendu là…

Peux-tu nous parler des étapes à travers lesquelles tu es passée ? As-tu engagé une réviseure, un infographiste, etc. ?

J’ai dû lire beaucoup sur le sujet, car étant néophyte, je ne savais pas par où commencer. Dans mes recherches, j’ai appris que si je voulais vendre un livre, je devais générer un numéro ISBN auprès de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec. J’ai aussi dû m’enregistrer au registraire des entreprises. C’est à ce moment que Les éditions en pyjama sont officiellement nées.

La révision

Étant donné que je suis une fille prudente (voire peureuse), j’angoissais à l’idée de me faire dire que mon livre contenait des fautes d’orthographes ou de syntaxe. J’ai donc entrepris des démarches pour trouver une correctrice. J’ai finalement découvert qu’une de mes cousines (Élizabeth Rioux) en faisait un métier ! Après quelques mois et trois révisions de textes, j’ai envoyé le tout à un autre membre de ma famille (Étienne Isabelle) qui, lui, est infographiste. Une vraie aventure familiale quoi !

L’infographie

Cette étape a par contre été laborieuse… nous avons dû passer environ neuf mois sur la mise en page de ce petit bébé et j’ai dû refaire quelques illustrations pour que le résultat soit de la meilleure qualité possible. Nous en étions tous les deux à notre premier livre alors nous avancions à pas de tortue.

Le résultat

Donc après presque trois ans de travail, j’ai enfin eu la version imprimable de mon livre. Bien sûr, j’avais auparavant dû faire plusieurs recherches pour trouver l’imprimeur idéal pour ce projet. Je voulais un livre fait de papier recyclé, de bonne qualité, qui pouvait être imprimé en petite quantité et qui ne me coûterait pas la peau des fesses !

Avec ce livre, je voulais aussi pouvoir redonner à la société et j’ai décidé de donner une bonne partie de mes profits à une œuvre caritative qui me tenait à cœur (et toute ma famille). J’ai fait les démarches auprès de Fibrose kystique Québec pour que mon don soit légitime et que mes clients soient en confiance que le don serait fait.

Une fois l’impression achevée, je devais faire les dépôts légaux auprès de BAnQ et Bibliothèque et archives Canada. Créer un site de vente, des réseaux sociaux, etc. !

Ce sont toutes des étapes cruciales de la confection d’un livre que j’ai dû apprendre par la force des choses !

Quelle étape a été la plus difficile pour toi ?

Toutes ces étapes furent très enrichissantes, car il s’agissait de création. Étant curieuse de nature, ça me convenait très bien. L’étape la plus difficile pour moi fut la vente du livre. Vous vous souvenez mon amie Julie ? C’est à ce moment que je me suis rappelé son commentaire sur la vente d’un livre…

En tant qu’artiste, je me disais qu’une fois le livre complété, il me suffirait de le mettre dans quelques librairies et sur mon site web pour que les copies s’envolent ! ERREUR ! J’avais cette vision idéaliste de la vente qu’ont plusieurs artistes. J’ai dû apprendre à parler de moi, à contacter des libraires et des boutiques, à créer du contenu sur Internet, à rencontrer et discuter avec les lecteurs et plus encore ! C’est d’ailleurs encore à ce jour la partie la plus difficile pour moi. Peut-être est-ce par peur de déranger les gens, de prendre une place que personne ne m’a offerte ou c’est simplement de la timidité.

Gérer une entreprise comme une maison d’édition indépendante est extrêmement ardu et demande beaucoup de temps et d’énergie.

Quelles étaient tes peurs ? As-tu eu des périodes de découragement ? Si oui, comment te motivais-tu ?

J’ai travaillé sur mon projet à temps partiel sans trop avoir d’objectif précis. Parfois, je me suis découragée face à la montagne de choses à faire pour y arriver, face à cette quête inconnue que je m’étais donnée.

Ma motivation fut toujours ma fille. J’avais créé ce livre pour elle et je souhaitais lui offrir avant qu’elle ne soit trop grande. Je me disais qu’au pire, il en existerait qu’une seule copie… mais elle serait pour la petite fille qui m’avait inspirée à écrire pour les enfants.

Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment ? As-tu un conseil pour les gens qui se lance dans l’aventure ?

Je comprends maintenant la tâche colossale d’une maison d’édition et d’un distributeur. Être publié par une maison d’édition me semble maintenant un choix très intéressant. Je crois que dans le futur, je tenterais ma chance avec une entreprise déjà établie. Je pourrais ainsi voir les deux côtés de la médaille.

Si je pouvais refaire l’aventure, je me ferais plus confiance comme auteure et j’enverrais mon texte à quelques maisons d’édition, ne serait-ce que pour avoir leurs commentaires sur mon travail.

Pour l’instant, je me concentre sur les trois autres tomes à paraître dans la collection que j’ai débutée par moi-même (petite fierté personnelle ici).

Le conseil que je donnerais à ceux qui désirent se lancer dans l’aventure serait : montrez votre travail à des personnes clés, des gens de confiance et d’expérience. Écoutez leurs conseils et ensuite, FAITES À VOTRE TÊTE ! C’est votre projet, c’est vous qui êtes le mieux placé pour le mener jusqu’au bout !

Croyez en vous !

Pour connaître Papa-jo et le voleur aux petits pas, rendez-vous sur le site.

Pour lire la critique de Papa-jo et le voleur aux petits pas sur WOW lecture, c’est ici.

Ebook gratuit

Connectez avec vos clients (et augmentez votre notoriété) en écrivant votre livre

Pourquoi écrire un livre en affaires?

Comment écrire son livre?

Publier ou non sous sa propre marque?

Comment vendre et diffuser son livre?

Tu recevras ton ebook gratuit bientôt!