Projet édito // Autoédition

Série «Autoédition» : Entrevue avec Andrée-Ann Proulx pour «Les petits grands voyageurs»

Andrée-Ann Proulx est éducatrice spécialisée. Il y a plusieurs années, elle a décidé de se lancer dans l’autoédition. Cette année, elle réédite son album Les petits grands voyageurs découvrent le monde. Pour l’occasion, elle a accepté de répondre à mes questions sur l’autoédition.
Psst. Pour découvrir son travail, rendez-vous sur sa boutique Etsy. Toujours hésitant ? Voyez mon article sur mon blogue personnel, WOW lecture.

1. Quand et comment as-tu décidé de t’autoéditer ?

J’ai décidé de m’autoéditer presque au départ. Je voulais créer mon livre parce que ça faisait du sens pour moi. Je voulais avant tout léguer quelque chose à mes enfants en ce qui a trait à mes valeurs d’ouverture face à la différence, à la variété culturelle, à la prise du risque et au goût du voyage. Je voulais avoir le plus de liberté possible dans mon contenu. Aussi, je voulais travailler avec une illustratrice en particulier qui comprenait mon mood et avec qui j’avais une complicité artistique. Je suis passée par La Ruche, une plate-forme de sociofinancement pour avoir les fonds nécessaires pour faire imprimer mes livres. En récompense d’un don de 20$, j’offrais le livre. J’ai travaillé fort et j’ai rapidement atteint mon objectif. Après ça, je suis allée voir un éditeur jeunesse avec la première version imprimée de mes deux livres. On m’a dit que c’était intéressant, on m’a encouragé à persévérer, on m’a même proposé de me donner un coup de main, mais on m’a informée que ce n’était pas exactement ce qu’ils recherchaient, qu’ils ont plusieurs demandes, qu’ils ne prennent pas de collections complètes, etc. C’est certain que j’ai été déçue, car j’y aurais vu une grande fierté d’être édité par une belle maison d’édition jeunesse, mais en même temps je croyais en mon projet. Je me suis plutôt tournée vers la recherche de solutions pour améliorer mon produit et me faire connaître.

2. As-tu eu des doutes en cours de projet ?

Je n’ai jamais eu de doutes sur la bienveillance de ma mission d’entreprise et sur la pertinence de mes produits, mais oui j’ai eu bien des doutes. Je me suis sentie comme une impostrice dans le domaine du livre. Je ne savais pas si j’écrivais assez bien. J’étais constamment dans le doute, mais le doute m’a amenée à m’améliorer. J’ai engagé une graphiste professionnelle, une réviseure et une enseignante pour m’aider à peaufiner mon produit. J’ai réalisé que le fond était là, mais que mon livre pouvait être plus professionnel et plus complet. Je me suis entourée de professionnels. Ça m’a amené à réaliser des outils pédagogiques, des pistes de réflexion, des bricolages, un carnet de voyage, des macarons, des cartes postales, des étiquettes à bagages, alouette! J’ai toujours douté et je doute encore. J’essaie d’utiliser ce sentiment plutôt que de le laisser m’envahir et briser mon projet.

3. Quelles étaient tes peurs ? As-tu eu des périodes de découragement ? Si oui, comment te motivais-tu ?

Quand je suis passée par La Ruche, j’ai eu peur que les gens m’encouragent par charité, par pitié. J’avais envie de leur dire: « Tu sais, c’est pas grave si tu m’encourages pas! » Mais, quand des gens que je ne connaissais pas me disaient que leurs enfants aimaient mes livres, ça me donnait un peu plus confiance! Deux ans plus tard, j’ai encore peur que les gens n’aiment pas mon produit, mais j’ai travaillé très fort pour le rendre le plus aimable possible! Haha! Je me rationalise aussi en me disant qu’on ne peut pas plaire à tout le monde non plus!

4. Quelle étape a été la plus difficile pour toi ?

Le plus difficile pour moi est de bien comprendre le monde des finances qui va avec le fait d’avoir une entreprise. Je parle au présent parce que c’est encore un défi. Ce n’est vraiment pas mon domaine. Pour ça, j’accepte que mon comptable ait un peu pitié de moi!

5. As-tu eu du soutien, de l’aide pour t’y retrouver ?

Oui j’ai eu du soutien, et j’en ai encore. Je me suis toujours entourée de gens qui croyaient en moi. Le plus grand soutien que j’ai eu est celui de mon chum qui m’a toujours encouragée à aller de l’avant. Aussi, ma graphiste a été généreuse pour me coacher dans le monde de l’entrepreneuriat et du marketing. Je suis très choyée de les avoir et je sais mesurer ma chance!

6. Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment ? As-tu un conseil pour les gens qui se lance dans l’aventure ?

Si j’avais à recommencer, je ferais exactement la même chose. À quelqu’un qui veut se lancer dans l’aventure de l’autoédition, je lui dirais de foncer. Foncer sans attendre que tout soit parfait. Foncer en acceptant de douter, de s’améliorer. Foncer en acceptant d’être accompagné par différents professionnels (on ne peut pas performer dans tous les domaines). Foncer si c’est notre rêve, si ça a du sens dans notre vie, si ça nous allume.

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1 Comment

  1. Reply
    Carole
    novembre 18, 2017 at 10:22

    On est tellement fière de toi, on te souhaite que ce projet continu toujours de grandir!

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