Projet édito // Autoédition

Jasons finances avec Louise Tremblay, CPA, CMA, MBA et auteure autoéditée

Il y a quelques semaines, j’ai assisté à une formation de Louise Tremblay, CPA, concernant la fiscalité des auteurs autoédités. Il y avait beaucoup à dire. Certaines choses plus complexes que d’autres. C’est pourquoi je l’ai invitée pour nous parler de finances/fiscalités et d’autoédition. Nous espérons toutes les deux que cette entrevue vous sera utile.

Quand on choisit l’autoédition, l’auteur devient en quelque sorte un travailleur autonome, n’est-ce pas ?

Il faut que le projet ait pour but de dégager des profits éventuels. S’il s’agit d’un passe-temps, il n’y a aucune déduction fiscale admissible.

L’auteur qui se lance en autoédition avec l’intention d’en faire une entreprise profitable devient travailleur autonome, propriétaire d’une entreprise individuelle. Même si en parallèle il occupe un emploi, il peut être employé et travailleur autonome.

Quel serait le premier geste à poser quand on se lance dans l’autoédition d’un point de vue comptable ?

Comme entrepreneur, l’élaboration d’un plan d’affaire devrait être le premier geste à poser. Ce document sert de réflexion sur tous les éléments qui touchent au projet, et servira de guide par la suite. Dans le cadre du plan d’affaire, l’étape financière est la construction d’un budget. Idéalement, on voudra produire trois scénarios : réaliste, optimiste, pessimiste. Le budget obligera l’auteur à obtenir des soumissions et à bien comprendre le coût global du projet, puis prendre dès le début les décisions appropriées.

Quelle serait une bonne habitude à adopter quant à la comptabilité de notre occupation d’auteur ?

Conserver toutes les copies de factures, tenir un registre de déplacements qui indique les kilomètres parcourus pour fins d’affaire (salons du livre, activités, livraison de livres par exemple à des libraires, etc.). Idéalement, puisque certains coupons de caisse s’effacent avec le temps, numériser ou photocopier ces factures. Tenir un agenda permettra de valider qu’on comptabilise bien tous nos déplacements. L’agenda servira éventuellement dans le cadre d’une vérification fiscale à démontrer que l’auteur a réellement l’intention de réaliser des profits à la lumière des activités promotionnelles auxquelles il prend part.

On entend souvent qu’il faut faire plus de 30 000 $ par année pour réclamer des taxes. Pourtant, il peut être avantageux de s’inscrire aux taxes dès le départ. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

On a l’obligation de s’inscrire à la TPS-TVQ si on réalise plus de 30 000 $ de revenus taxables sur quatre trimestres consécutifs. Par contre, il peut être avantageux de s’inscrire même si les recettes sont en deçà du seuil de 30 000$. Comme inscrit, on peut réclamer toutes les taxes payées sur les dépenses admissibles. Ces taxes peuvent représenter un bon montant en tout début de projet quand on doit payer les frais de révision, correction, montage graphique, premier tirage.

Si on n’est pas inscrit, on peut tout de même déduire les taxes comme dépenses admissibles, mais alors plutôt que de récupérer 100% on ne récupère que plus ou moins 10% à 40% selon votre taux moyen d’imposition.

Puisque l’auteur devient un travailleur autonome, il a droit à certaines déductions. Quels genres de factures peut-il conserver pour avoir le droit aux déductions au moment des impôts ?

Les dépenses suivantes, puisqu’elles sont directement liées au projet d’autoédition sont déductibles : frais de correction et révision, frais de montage graphique, impression des signets, coût des livres vendus, publicité, papeterie, frais de lancement, de participation à des salons et foires, déplacements, etc. Comme des règles particulières s’appliquent à des dépenses spécifiques, vous devriez en discuter avec votre comptable.

Quel conseil aimerais-tu donner aux personnes qui se lancent dans l’autoédition ?

Souvent, les auteurs ont travaillé de longs mois, même des années, avant de finaliser un texte. Surtout dans le cadre d’une première œuvre, les auteurs cheminent longtemps avant de décider de publier. Mais quand la décision est prise, qu’ils ont accepté de se livrer, ils voudraient que tout aille très vite.

Les auteurs qui se lancent en autoédition ont tout intérêt à bien saisir les enjeux, et de s’outiller pour mieux comprendre tous les éléments pertinents au projet. Je recommande fortement aux auteurs de s’informer sur le monde de l’autoédition avant de se lancer.

Mais si le succès était au rendez-vous ? L’auteur qui aura élaboré un plan d’affaire, un budget et organisé sa comptabilité vivra ce succès beaucoup plus sereinement que celui qui ne l’a pas fait.

 

Louise a écrit Bogue Céleste, Géants et Miniatures. Découvrez-les sur son site.

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